La réaction du droit face au Dark Web (1/2)

La compréhension du dark web nécessite d’abord de s’intéresser au web visible.  

Le « web » avant le « dark »

Le Web pour World Wide Web représente une toile mondiale qui consiste dans l’interconnexion des sites internet entre eux à travers des liens hypertextes formant au final une gigantesque toile d’araignée au sein d’internet. Les liens hypertextes permettent de passer d’une page ou d’un site à l’autre. Le protocole HTTP (HyperText Transfer Protocol) permet de recevoir ou d’envoyer des ressources web. La version sécurisée est dite HTTPs.

LE WEB VISIBLE

C’est la partie du web indexée (EX :www.youtube.com ; www.facebook.com) par les moteurs de recherche comme Google, et qui ne constitue que la partie émergée de l’iceberg. Le web visible ne représente qu’environ 10% de la totalité du web. Les autres éléments non indexés par les moteurs de recherche ne font pas partie du web visible.

LE DEEP WEB 

C’est l’opposition au web surfacique, visible et indexé par les moteurs de recherche. Il s’agit du web invisible ou caché. Par exemple : le site d’une banque possède une partie publique, qui est référencée par les moteurs de recherche, et une privée, qui concerne les informations bancaires du client, qui prévoit un mécanisme d’authentification. Cette deuxième partie est accessible uniquement au client. En revanche, le moteur de recherche n’y a pas accès.

LE DARK WEB

C’est le contenudu World Wide Web se trouvant sur les darknets, les réseaux cryptés et qui ne sont pas référencés par les moteurs de recherche traditionnels ou standards.

LES DARKNETS

Ce sont « des réseaux superposés qui utilisent des protocoles spécifiques intégrant des fonctions d’anonymat »[1]. Les darknets sont « distincts des autres réseaux pair à pair distribués car le partage y est anonyme (c’est-à-dire que les adresses IP ne sont pas dévoilées publiquement) et que les utilisateurs peuvent donc communiquer sans grande crainte d’immixtion de la part de gouvernements ou d’entreprises »[2]. C’est principalement pour ces raisons que les darknets sont souvent associés aux activités criminelles. 


Image réalisée par P.Maille et M.Castrubin

L’image montre que le web « de surface »  représente le contenu web indexé par les moteurs de recherches populaires, comme Facebook, YouTube, Wikipédia. 

L’image montre également que le « deep web » est le contenu du web simplement non indexé par les moteurs de recherche vous y allez tous les jours, comme Gmail.

L’image montre aussi que « le dark web » est le contenu du World Wide Web se trouvant sur les darknets et que « les darknets » représentent les sous-réseaux d’internet utilisant des protocoles spécifiques pour permettre l’échange de contenu de manière généralement chiffrée, comme Tor, I2P. 

Ces composantes font partie de l’internet, qui est une infrastructure composée d’un ensemble standardisé de protocoles de transfert de données permettant l’échange d’information numérique. Il est important de souligner que les utilisateurs de l’internet sont capables de former des communautés sans une assise territoriale précise, afin d’acheter des objets illicites ou commettre des actes illégaux. 

Cependant, les États sont parvenus à légiférer l’internet dans le but d’appliquer le droit dans l’espace digital par l’intermédiaire des dispositifs législatifs, d’accords internationaux, de la jurisprudence. Toutefois, les nouvelles technologies de l’information et de la communication n’ont pas cessé de bouleverser les sociétés et le droit qui est censé les accompagner. C’est pourquoi le droit a dû s’adapter au darkweb.